L’embauche du chef

Laissez-moi vous conter une histoire à morale. Les faits présentés sont possiblement véridiques et m’ont été communiqués à l’oral, avant les internets.

Dans les années 1930, une économie informelle soutenait plusieurs pans de la communauté de Hull (aujourd’hui Gatineau). Pour permettre une certaine redistribution de la richesse, il était entendu entre les tenanciers de lieux informels et les autorités qu’un certain nombre de descentes auraient lieu à des moments précis. Des moments lors desquels peu de clients s’y trouvaient mais surtout, aucun notable. Les tenanciers payaient ensuite des amendes prévues. Ainsi, la ville de Hull diversifiait ses revenus au-delà des revenus fonciers.

Dans les années 1930, toujours selon aucune source précise, la Ville de Hull avait besoin d’un nouveau chef de police. Les séances d’entrevue des candidats se sont déroulées dans un bar de la rue Eddy. Le panel d’entrevues était constitué de six tenanciers de bar. Les délibérations furent ardues, mais le choix de ces gens d’affaires s’arrêta sur la candidature d’Adrien Robert, monté depuis Montréal pour convoiter ce poste.

Adrien Robert fut donc nommé chef de police de Hull. Une fois en poste, il réalisa des descentes sans préavis et fit de manière générale la vie dure à tous les entrepreneurs de l’économie informelle, dont ceux qui l’avaient interviewé. Devenu héro national, louangé de Gaspé à Val-d’Or, une rue porte maintenant le nom d’Adrien Robert. Tout juste à côté du casino.

La morale de cette histoire est que, dans la saine gestion des ressources humaines, il est important lors des entrevues de dotation de s’assurer de l’adéquation des valeurs entre l’organisation et le candidat.